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Moissonner et trier les cultures en mélange

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Moissonner et trier les cultures en mélange

Des essais sur le terrain au Danemark et en France.

La récolte et le tri des cultures en mélange, telles que céréales et protéagineux, demande une double expertise. Le coût d’un tri poussé incite par ailleurs à la prudence.

Le programme européen de recherche ReMIX s’est penché sur la récolte des cultures en mélange. Les auteurs ont procédé à une série de tests durant la saison 2020, avec quatre associations de grains: blé-lentilles, colza-pois, orge-pois et blé-lupin.

À chaque fois, ils ont comparé dix configurations de réglage de la moissonneuse. Il s’agissait d’une New Holland TC5.90 dans le premier cas (en France), et d’une Laverda M410 dans les trois autres (au Danemark). Le produit récolté a ensuite fait l’objet d’un tri, en un ou deux passages, avec un séparateur vibrant Denis SVD100 à double grille horizontale.

Le mélange de grains blé-lupin plus facile

Première conclusion: peu de lots étaient commercialisables en l’état. Le taux d’impuretés moyen allait de 4% pour le blé-lupin à 18% pour le blé-lentilles. Pour ce dernier cas, le mélange s’est également révélé le plus sensible aux différences de réglage de la moissonneuse-batteuse. Les meilleurs lots observés correspondaient au mélange blé-lupin.

grains de lupin

Le lupin se sépare assez bien du blé.

Récolte des cultures en mélange: difficile de trier les lentilles

Au sein du grain propre, la part de grains cassés et non battus a d’autre part affiché une moyenne de 1,9%. Un chiffre assez satisfaisant, mais qui cache de gros écarts selon l’espèce et le choix de réglage. Les légumineuses se sont révélées beaucoup plus sensibles aux compromis de réglage effectués sur les moissonneuses. Elles ont subi 1,5 à 5 fois plus de casse et d’imbattus que la céréale qui les accompagnait.

Par ailleurs, les associations de lentilles et pois avec orge se sont avérées plus sensibles aux réglages que le pois-colza et le blé-lupin.

L’opération de tri réalisée ensuite n’a pas suffi pour obtenir à coup sûr deux produits purs et propres. Les pois associés au colza ont franchi le seuil, de même que 9 sur 10 des lots de lupin, 7 sur 10 des lots de blé avec lupin et 4 sur 10 des lots d’orge associés au pois. Les auteurs des essais ont donc opéré un second passage de trieur. Seul le mélange orge-pois en est sorti complètement séparé.

Quelle rentabilité pour un tri poussé des grains?

Dans le rapport final, ils tirent une première conclusion.

«Certains jeux de réglages de la moissonneuse-batteuse, couplés à un ou deux tris avec un séparateur vibrant comme le SVD100 des établissements Denis, sont tout à fait convenables pour limiter la quantité d’impuretés et de grains cassés dans les produits finis issus d’une association colza–pois, orge–pois ou blé–lupin, et ainsi permettre une valorisation en alimentation humaine. En revanche, dans le cas du mélange blé–lentille, ce type de séparateur reste insuffisant, mais doit être vu comme un préalable avant l’utilisation, dans un second temps, d’une technologie plus sophistiquée comme une table densimétrique ou un trieur optique. Toutefois, ces éléments posent la question de l’intérêt économique d’une telle démarche.»

Trouver les bons réglages de la moissonneuse demande un certain niveau de savoir-faire. Il s’agit d’atteindre un optimum «défini au regard de la capacité à trier», préviennent les auteurs de l’étude ReMIX (autre lien de téléchargement ici). Ils précisent: «L’opérateur doit être en mesure d’analyser la qualité de la récolte en fonction de ses outils de tri, ce qui nécessite une autre forme d’expertise.»

En complément sur le tri des mélanges: