L’herbe concilie plus de revenu et meilleur impact environnemental

Mieux vaut-il miser sur l’herbe ou sur le maïs pour faire du lait? Pendant huit ans, la station laitière expérimentale de Trévarez a comparé deux systèmes de production alliant les deux ingrédients, en proportions différentes. Les deux ont été performants. Celui disposant de plus d’herbe l’a été encore plus.

Quel que soit le contexte, le système plus herbager de l’essai à Trevarez (29) obtient un meilleur bilan environnemental, en dégageant tous les ans au moins autant de revenu, que son concurrent lui-même déjà performant.

Les vaches herbagères ont fait gagner plus d’argent que celles assises sur un système fourrager basé sur le maïs. Sur une période de huit ans (de 2010 à 2017), deux courants cohabitaient au sein du troupeau de la ferme de Trévarez, dans le Finistère. Le lot avec quinze ares pâturables par tête et 46% de maïs dans la SFP, face à celui ou le maïs ne représentait que 28% de la surface fourragère et disposant de quarante ares de prairie accessible par vache. «Ce sont deux systèmes spécialisés de production laitière représentatifs dans la région», justifie le responsable de la station expérimentale, Pascal Le Cœur.

Le 23 avril, un webinaire revenait sur cet essai. «Ce dernier consistait à comparer les performances techniques, environnementales et économiques des systèmes», expliquent les ingénieurs Idele et Chambre d’agriculture de Bretagne. Et au-delà la question était aussi de savoir, «si, dans le cas où l’élevage n’a pas l’accessibilité au pâturage, il est possible de gagner sa vie avec un système mais vertueux, en termes de gestion de l’azote et du bilan carbone.» Et la réponse est oui.

Ration de vaches laitières

Avec 76% de maïs dans la ration, le niveau d’autonomie protéique moyen atteint 68%. La vache traite moyenne a produit 8.162kg à 41,1g/kg (TB) et 31,7g/kg (TP).

En effet, les intervenants tirent un premier constat de leur étude. Sur ces huit ans, dans les deux systèmes, les bilans azote et carbone ont été meilleurs que ceux de l’élevage moyen de référence dans la région, tout en étant performants économiquement. «Dans les deux cas les frais sont en-deçà des références moyennes.» Qui plus est, de ces deux systèmes maîtrisés, la tendance herbagère s’en tire encore mieux que sa concurrente. Et ce, sans même envisager une meilleure valorisation via une labélisation type ‘lait de pâturage’.

Les écarts se créent sur les charges, moins sur les produits

«Le revenu disponible est supérieur dans la modalité herbagère», résume encore Valérie Brocard. La différence est de 24€/1.000l «en moyenne sur les années de croisière de notre essai.» Par extension, l’ordre d’idée pour l’élevage d’une soixantaine de laitières (ou 400.000l de production) est un supplément de revenu de 10.000€/an. L’ingénieure Idele note surtout que «les conjonctures ont été très différentes d’une année à l’autre.» Mais à chaque fois, la tendance était la même. «La marge était meilleure sur le système herbe. Il se montre donc plus résilient.»

troupeau laitier à l'herbe

Avec 52% d’herbe dans la ration, le niveau d’autonomie protéique moyen a été de 81%. La vache traite moyenne a produit 7.608kg à 40,3g/kg (TB) et 31g/kg (TP).

Pourtant, Élodie Tranvoiz (Chambre d’agriculture) note d’emblée: «le troupeau ‘maïs’ génère plus de lait. Et c’est avec plus de taux.» Mais sur le lait vendu, l’écart n’est plus que de 384kg/VL. Cela est dû «au fait que la quantité de lait écarté suite aux traitements des mammites a été moindre en système herbe.» Ainsi, le lot nourri principalement à base de maïs occasionne aussi un peu plus de frais vétérinaires. Néanmoins, c’est bien sur le coût alimentaire que se crée un écart (21€/1.000l). Et ce dernier se retrouve sur la ligne d’arrivée entre ces deux formules 1.

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