Comparatif : quelle est la meilleure désileuse automotrice ?

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Comparatif : quelle est la meilleure désileuse automotrice ?

Cinq constructeurs de désileuses automotrices participaient à l’essai et la démonstration organisés en novembre autour du campus agricole de Tracy-sur-Vire (@Olivier Mauduit).

La fédération des cuma avec la Chambre d’agriculture et Littoral normand comparait cinq désileuses automotrices du marché actuel. De la consommation de carburant à la qualité de mélange : tout était passé au crible.

La fédération des cuma a organisé un essai comparatif de 5 désileuses automotrices sur la vraie tournée de la cuma des 3M (vidéo de comparaison en fin d’article). Ces distributrices à double vis ont en commun qu’elles se destinent au marché des groupes de désilage : homologation à 40 km/h (sauf le modèle Faresin) et volumes de cuve allant de 16 m3 à 22 m3.

Fiches techniques des 5 désileuses automotrices de ce comparatif :

  • Siloking 500+
  • Faresin Leader PF 22 Plus
  • Kuhn SPW intense
  • Storti Dobermann 180 SWHS Evo3
  • Lucas G Autospire 160 Performance
comparatif désileuses automotrices

Caractéristiques des cinq désileuses automotrices du comparatif. (©Cuma Normandie Ouest).

La consommation de carburant de la désileuse automotrice

Les expérimentateurs ont tout d’abord mesuré les consommations de carburant. Sur route d’un côté. Au désilage, au mélange et à la distribution de l’autre. « Tout confondu, l’automotrice Kuhn s’avère être la plus sobre du panel », concluent les animateurs qui menaient l’étude. « Sa consommation a été très proche de celle de la désileuse Lucas G de la cuma des 3M. » Identique au modèle de démonstration, cette dernière servait de référence.

Effet chauffeur

En lien avec sa vitesse plus limitée, la consommation sur route de la machine Faresin est au-delà de 16 l/h, quand les autres automotrices sont autour de 10,5 à 12,5 l/h. Sur ce point, Storti se démarque nettement, avec une consommation de 7,9 l/h. Au désilage en revanche, c’est aussi cette machine qui a eu la consommation la plus élevée. D’une manière générale, les observateurs constatent que l’ensemble du panel a donc davantage consommé que la désileuse de référence, menée par son chauffeur habituel.

Ils soulignent : « Cela peut s’expliquer en partie par l’expérience et la maîtrise du chauffeur de la cuma. » Contrairement aux démonstrateurs mobilisés pour le comparatif, ce dernier connaissait en effet parfaitement la tournée et les exploitations.

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Les résultats des mesures sur les cinq automotrices de désilage (©Cuma Normandie Ouest).

Comparatif de désileuses automotrices : l’ensemble du panel atteint l’objectif de longueur des brins

Le dispositif d’étude prenait aussi en compte la qualité du mélange mis dans les auges des troupeaux. « Les répartitions de particules moyennes sont dans les clous pour toutes les machines », constate d’emblée Florine Hardy (Littoral Normand). Néanmoins, elles se distinguent sur le plan de l’homogénéité tout au long de la distribution. Trois désileuses (Faresin, Lucas G et Kuhn) ont des écarts « relativement faibles entre début, milieu et fin de distribution. » Ainsi l’intervenante conseille : « Lors de la mise en route d’une automotrice, il est recommandé de réaliser des tamis PennState pour vérifier les qualités de mélange et l’homogénéité lors de la distribution et ainsi identifier des leviers d’amélioration. »

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Homogénéité de la longueur des brins dans les rations (écart relatif de la répartition des particules entre début-milieu-fin de la distribution par rapport à la moyenne).

Le cas de l’enrubannage

Toutes les machines ont eu à intégrer une balle d’enrubannage dans leur bol. À l’épreuve du chronomètre, l’efficacité des fraises est allée du simple au double : de moins de cinq minutes pour l’engin Storti Dobermann, à plus de dix pour la Faresin. « Dans le cas d’utilisation de nombreuses balles d’enrubannage, il pourra être judicieux de pré-couper les balles avec les outils de récolte », conseille toutefois Denis Ripoche, animateur cuma dans l’Orne.

Désileuse automotrice Lucas G sur un élevage de la cuma des 3 M

Sur l’ensemble de la région Normandie, les groupes cuma de désilage qui fonctionnent sont une quarantaine, pour une production totale approchant les 200 Ml de lait par an.

30 % d’augmentation des tarifs de la désileuse automotrice en 3 ans

Du côté des prix, il observe : « En moyenne, le tarif des machines a augmenté de 30 %. Ceci justifie d’autant plus l’achat en cuma pour réduire les coûts de distribution. » En moyenne, le coût de cette distribution déléguée représente de l’ordre de 17 €/1 000 l dans la région. La hausse des tarifs d’entretien est du même ordre. « Certains constructeurs proposent des extensions de garantie et des contrats d’entretien qui peuvent sécuriser l’activité », retient le conseiller cuma. « Dans tous les cas, il est primordial d’établir une démarche de négociation réfléchie et commune lors d’un projet. Cela en vaut la peine. »

Retrouvez la comparaison de ces machines en vidéo :

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